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Les coulisses des pistes

Rencontre avec Jean Noël Bianchini
Responsable du Service des pistes
à la Société des 3 Vallées (S3V)

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Zoom sur le travail des lisseurs de l'éphémère

 

Pouvez-vous nous raconter une journée type de travail


Nous commençons dès 6h30 et l’objectif est l’ouverture du domaine entre 9h et 9h30. C’est une grande organisation, souvent un peu stressante le matin car il y a toute la cavalerie derrière qui attend (écoles de ski, clients...). Nous tenons une fiche d’ouverture où nous recevons les informations des dameurs que nous recensons ainsi que la météo à Bourg St Maurice. Nous les analysons ainsi que les risques d’avalanche. Nous parlons également de la piste du jour recommandée par les dameurs et aussi des heures d’ouvertures car il peut y avoir des retards. Ensuite nous l’envoyons vers 7h30 aux socio-professionnels, à Méribel Tourisme, aux guides, aux écoles de ski, ou aux collègues d’autres services des pistes... En fait il y a une diffusion assez large !

 

Et vous, qui êtes vous ?


Jeune pisteur à 17 ans, j’ai évolué un peu sur tous les postes: de simple pisteur à pisteur artificier, adjoint au chef de secteur, chef de secteur du fond de vallée, adjoint à la direction des pistes et finalement, à la direction des pistes depuis 6 ans maintenant.

Je m’occupe de plusieurs services principalement axés autour du damage, du garage, de la sécurité des pistes et de la neige de culture.

❄ Sécurité

Une fois que nous avons produit de la neige, que nous l’avons étalée et damée, il y a le côté mise en place de la sécurité sur le domaine qui passe avant tout. Les jalons, les balises, les matelas, les filets que vous pouvez voir en skiant sont là pour sécuriser au mieux et éviter tout accident. Les interventions de secours pour les pisteurs représentent 10 à 20% de leur travail.

Quand il y a d’importantes chutes de neige, le pisteur s’occupe du PIDA (Plan d’Intervention de Déclenchement des Avalanches), et fait en sorte qu’aux ouvertures de pistes il n’y ai pas une avalanche qui arrive, même parfois sur des parties hors pistes situées en extension du domaine skiable.

Nous oeuvrons pour une sécurité totale pour l’ouverture.

❄ Neige

Cette année c'était fabuleux, en novembre nous avons eu de belles chutes de neige et simultanément nous avons attaqué la production de neige. Nous n'avons donc pas perdu toute la neige naturelle, nous l'avons compactée et tous les sommets ont été damés.

Il existe des stratégies d’enneigement pour la neige de culture. En ce début de saison on s’est concentrés sur les versants nord. C’est une grosse perte si on ne fait pas les bons choix et nous avons opté pour la bonne solution car, si nous avions produit sur les versants sud à la même période, nous aurions perdu toute la neige.

En tout cas, les liaisons avec les stations voisines Les Menuires, Courchevel et Val Thorens seront assurées pour l'ouverture!

❄ Damage

Sur Mottaret nous disposons de 11 chenillettes et 23 chauffeurs. Les dameurs sont gérés, supervisés par un chef d’équipe. En tout, 4 chefs d’équipe gèrent les différents postes. Nous fonctionnons en deux postes : un commence à 17h30 et finit à 1h du matin ; et un 2ème prend le relais à 2h jusqu’à 9h30. Leur travail est planifié la veille sur les conseils des chefs de secteurs.

Le chef de secteur rend compte de l'état des pistes et organise le plan de damage. Il stipule autant le damage a réaliser que les endroits à ne pas fréquenter en cas d'importantes chutes de neige ou autre. Avant de partir sur son secteur, le dameur prend connaissance de ce plan qui est intégré dans l'ordinateur de bord de sa dameuse.

Les conditions de travail sont difficiles mais c’est un choix. Le dameur a une petite pause déjeuner de 20min au début de nuit et enchaine non stop jusqu’à 1h. Avant de partir il enregistre sur sa tablette de bord ce qu’il a fait, ou n’a pas pu faire dans la nuit, pour son collègue qui va prendre la relève. Les dameurs sont capables de travailler sans se voir mais sont tous interconnectés par radio pendant la nuit pour échanger.

Le damage ce sont aussi des machines et il faut être réactif en cas de panne. Les pannes peuvent être électriques, mécaniques ou hydrauliques. 5 mécaniciens se chargent de la maintenance. Le dameur a une bonne connaissance de la neige et de sa machine. Conduire une machine c’est une chose, travailler avec en est une autre! La plupart des chauffeurs de dameuse travaillent aussi dans les TP l’été, donc ils ont une bonne connaissance des engins, souvent c’est un métier passion.

Ce sont de très belles machines, qui valent a peu près 300 000€ l’unité. On pourrait dire que c’est plus cher qu’une Ferrari ! Le chauffeur qui a la chance de s’en servir en prend forcément soin.

 

Quels sont les principaux risques en dameuse ?


Un des principaux risques est de se prendre le pied dans une chenille et de se casser la jambe. Il n’y a pas beaucoup d’accidents. Mais tous les chauffeurs ont sur eux une radio spécifique en cas de « non mouvement » qui lance un appel au bout de 1 min à tout les autres chauffeurs. Etant reliés par GPS on sait qui est à quel endroit pour envoyer de l’aide. Les chauffeurs ont ce type d’appareil en gage de protection individuelle.

 

Et le plus insolite ?


Damer au clair de lune! La nuit il se passe souvent plein de choses, vous avez entendu parler du Mur des perdrix ? Au Vallon, elles se posent sur le cable du treuil et au fur et à mesure que la dameuse remonte la neige, le cable s’enroule et les perdrix s’envolent une par une.

 

Utilisez-vous des dameuses à transmission électrique / hybride ?


C’est encore en projet. Comme les voitures hybrides, c’est un petit marché, et l’inverser ne va pas être facile, même si c’est l’avenir. Pour le moment nous travaillons avec des huiles « bio /responsables». Tout comme l’électricité, nous essayons d’en prendre à énergies naturelles, hydrauliques ou même de l’éolien sur un certain pourcentage.

 

Enfin, pourquoi Méribel ?


Je suis tombé dans le chaudron quand j’étais petit! Je suis de Méribel au départ, et même si j’ai quitté les montagnes pour travailler un peu ailleurs, je suis revenu vite. L’énorme avantage de Méribel, c’est qu’on se trouve au centre des 3 Vallées plutôt que d’être sur les extrémités. C’est jamais facile de skier sur les 3 Vallées en une journée. A Méribel on choisit! Aujourd’hui je peux dire que je vais skier aux Menuires, ensuite rejoindre Val Thorens, puis je rentre à Méribel. Le lendemain je peux skier à Courchevel, à Moriond, au Praz, puis je reviens à Méribel. C’est tellement varié. Pour moi, faire les 3 Vallées en une journée ça n’a pas plus d’intérêt que ça, alors que d’être basé à Méribel permet de s’éclater et d’aller voir autre chose.

Oui, Méribel... parce-que c’est la plus belle !

Nos conseils pour les premiers skieurs de l’année 

 

Jean Noël Bianchini, Responsable du Service des pistes (S3V)

‘Attaquer la saison tranquille’

« Vu les conditions actuelles de faible enneigement, mon conseil serait de quand même venir au ski car on peut se faire plaisir. Mais surtout, c’est d’aller doucement, de respecter le skieur à l’aval et de ne prendre aucun risques, comme ne pas aller en hors piste à l’heure actuelle. Se faire plaisir, c’est profiter à son rythme. Souvent les gens vont très vite mais n’ont pas la maitrise de leur matériel. On ira faire du hors piste, mais pour ça il faut attendre les bonnes chutes de neige! »

 

 

Valérie Ginot Veron, Responsable des ventes (Méribel Alpina)

‘Ne pas hésiter à demander conseil’

« Il y a de nombreuses personnes qui seront là sur le domaine pour renseigner. Se renseigner aussi bien en caisse, au départ des RM ou au niveau des cabanes des pisteurs pour avoir la meilleure information quant aux ouvertures et à la qualité de neige. Ça va évoluer constamment, donc c’est important de le faire. »

 

 

Hervé Lenoire, Directeur des Opérations (S3V)

‘Profitez du bon air’

« Il faut venir profiter du soleil et du bon air vue la pollution qu’il y a en bas, s’échauffer aussi un peu pour skier dans de bonnes conditions. Le conseil du moment c’est de venir en altitude, et on a tout ce qu’il faut dans la Vallée dans ce domaine là! »

 

 

Hélène Cresson, saisonnière accueil Office de Tourisme

‘Amusez-vous!’

« Skiez avant tout ! Pour l’ouverture, il est possible de faire de la luge à Mottaret. Le tapis du Doron sera ouvert et gratuit jusqu’en début de soirée. On peut aussi aller se balader, la totalité des balades sont accessibles sans forcément avoir des raquettes. Les plans sont disponibles dans les deux Offices de Tourisme à Méribel Centre et Mottaret. On peut même aller sur les sommets en tant que piéton en prenant les RM. L’ambiance sera festive pour l’ouverture, il y aura des animations un peu partout. N’oublions pas l’ouverture de la Folie Douce dans le cadre de la semaine à thème ‘le Ski c’est Party!’, accessible à ski ou en tant que piéton grâce à Saulire Express 1 (accès 12€ pour piéton). »