VTT DH : 5 fausses bonnes raisons de ne pas essay…
Avant même d'avoir essayé, le VTT de descente a déjà perdu la moitié de ses potentie…
Il y a des randonnées qui restent gravées, et celles qui commencent crampons aux pieds, en pleine nuit à 3000m en font clairement partie.
Il fait encore nuit lorsque vous chaussez les crampons, tandis que votre guide vous encorde les uns aux autres. Plus haut sur le glacier, d’autres lumières progressent déjà dans l’obscurité, et vous partez à leur rencontre, hors des sentiers habituels, là où vous vous étiez toujours arrêté jusqu’ici. Le jour se lève sur le glacier, et cette sensation que connaissent tous les alpinistes vous saisit à votre tour : se sentir minuscule, et pourtant exactement à sa place.
Depuis Méribel, le parc national de la Vanoise ouvre ses portes à ces panoramas de glaciers et de sommets qui dépassent les 3 000 m. Pour vous aider à préparer votre première initiation en randonnée glaciaire, nous avons interviewé Alain Petex, guide à Méribel depuis 25 ans. Voici comment se déroule concrètement une sortie avec le bureau des guides de montagne Méribel.
Ça fait au moins 20 ans que je suis guide de haute montagne à Méribel. J’habite à Brides-les-Bains mais je suis originaire de Moûtiers. Je suis arrivé ici grâce à Frédéric Saint Guilhem, un ancien guide de haute montagne et hôtelier à Méribel. À l’époque, il cherchait un jeune guide pour l’épauler, et c’est ainsi que je suis venu travailler à Méribel.
La Vanoise est un massif que j’aime beaucoup. Les paysages allient le vert des alpages, le bleu du ciel et le blanc des glaciers qui culminent à 3 000 m. Cela crée une ambiance bien particulière qu’on ne retrouve pas dans les autres massifs.
Au bureau des guides de Méribel, nous sommes 5 guides et 2 accompagnateurs en été. En revanche, en hiver, nous sommes une dizaine de guides pour le ski de randonnée, le ski hors piste ou la cascade de glace.
Nous proposons 2 formules.
Il faut savoir qu’en été une randonnée glaciaire se fait forcément très tôt le matin. La raison est simple : lorsqu’il fait trop chaud, la neige fond. On s’enfonce alors dans la neige, c’est donc plus dur de marcher. Cela peut aussi être un peu dangereux car, sur un glacier, il y a des crevasses qui peuvent être plus ou moins couvertes par des ponts de neige. Tôt le matin, lorsque la neige est dure, on peut marcher sur ces ponts de neige sans s’enfoncer. Pour rester en sécurité, il faut être sorti du glacier vers midi ou 13h.
Pour la première formule, qui implique de monter en refuge le premier jour, on peut
aller au refuge du col de la Vanoise pour faire la pointe de la Réchasse ou la pointe du
Dard situées sur le dôme des glaciers de la Vanoise. On accède au refuge du col de la
Vanoise en 3 h de marche depuis Pralognan en passant par le lac des Vaches.
L’approche est déjà un voyage en soi, car le cadre est magnifique. Ce refuge se situe à 2500 m et les sommets sont à 3200 m. Depuis le refuge, il faut donc marcher de 2 h 30 à
3 h pour arriver au sommet.
Ensuite, il y a aussi le refuge de Péclet-Polset qui permet de faire le dôme de Polset
situé à 3 501 m. La montée nécessite 4 h de marche, mais le glacier est beaucoup plus
conséquent que la première option. C’est un glacier avec des crevasses et des séracs,
ça reste de la marche sur glacier, mais dans une ambiance différente du dôme des
glaciers de la Vanoise.
Enfin, il y a l’option qu’on propose à la journée en partant de Méribel. On part tôt en
voiture pour rejoindre une route située à 2 800 m, au-dessus de Val Thorens. On arrive
là-bas à 7 h du matin. On monte alors sur le glacier de Chavière, et de là, plusieurs
options sont possibles en fonction du niveau des participants : monter jusqu’à 3 200 m
ou monter jusqu’au mont de Gébroulaz à 3 509 m.
La randonnée glaciaire, c’est la discipline idéale pour débuter l’alpinisme. Ça
présente très peu de danger, beaucoup moins que des courses d’alpinisme plus
verticales. Sur ces courses d’initiation, il n’y a pas de pentes raides sur lesquelles on
pourrait se faire mal en glissant. Ce sont des glaciers avec des pentes faibles.
Le seul danger, c’est les crevasses. C’est pour ça qu’on est encordés les uns aux
autres. Si quelqu’un tombe dans une crevasse, il reste en surface et il en sort
facilement.
Après, plus personnellement, ça fait 25 ans que je suis guide et je ne
suis jamais tombé dans une crevasse et je n’ai jamais vu un client tomber dedans.
La corde en alpi, c’est comme la ceinture de sécurité en voiture. On la met, mais ça
ne veut pas dire qu’on va s’en servir.
Pour les itinéraires dont nous venons de parler, il faut pouvoir faire au moins 800 m de dénivelé sans être épuisé. À titre de comparaison, la randonnée qui mène du lac de Tueda au refuge du Saut, une classique l’été à Méribel, demande de gravir 450 mètres de dénivelé. Cependant, pour les initiations à la journée, il est possible de choisir un itinéraire avec seulement 300 m de dénivelé pour arriver sur le glacier.
L’objectif de la journée se choisit toujours en concertation. Nous posons un certain nombre de questions sur votre expérience en haute montagne, votre niveau physique, la peur du vide… Grâce à ces éléments, nous vous proposons ensuite des options.
Non, comme son nom l’indique c’est uniquement de la marche sur glacier. Mais il existe d’autres courses d’alpinisme en Vanoise qui nécessitent une petite expérience en alpinisme ou en escalade pour pouvoir être réalisées. Le tout est de trouver ensemble la course d’alpinisme qui correspond à vos envies et à votre niveau.
Il faut louer le matériel dans les magasins de location de Méribel, c’est-à-dire des crampons, les chaussures adaptées aux crampons, un baudrier, un piolet droit, un casque et une paire de bâtons de marche… et évidemment il faut avoir l’équipement nécessaire pour le froid et le soleil, qui est plus intense à 3 000 m : des lunettes de catégorie 4, des gants, une doudoune et une veste coupe-vent…
Enfin, il y a le matériel fourni par le bureau des guides : la corde et le matériel de sécurité sur glacier, comme les broches à glace. La manière d’utiliser ce matériel est évidemment expliquée ensuite par le guide le jour J.
Oui, la randonnée sur glacier en famille est possible. Les enfants sont autorisés à partir de 12 ans. Si les enfants sont de bons marcheurs, on peut commencer un tout petit peu plus tôt, mais dans la plupart des cas, les randonnées glaciaires en famille se font plutôt vers 12 ans.
La première étape, c’est d’envoyer un mail avant son séjour au bureau des guides pour entrer en contact avec nous. Cela permet de choisir un itinéraire et des dates. On fait le maximum pour proposer des sorties sur mesure à nos clients. Ensuite, il y a deux configurations : on peut soit venir avec un groupe déjà constitué (de maximum 6 personnes), ou rejoindre un groupe si on est seul. Les randonnées glaciaires d’initiation dont on a parlé juste avant sont proposées tout l’été, de juin à fin août. Enfin, pour une initiation, le tarif commence à partir de 190 € / personne.
Je me souviens d’une fois où j’ai amené un groupe sur le dôme de Polset. Il y avait alors un jeune de 18 ans. Je l’ai revu 20 ans après et il était encore tout ravi de la course. Ce jour-là, il avait découvert quelque chose et il a continué à faire de l’alpinisme ensuite. S’initier à l’alpinisme, ça ouvre finalement à la haute montagne : on découvre la vie en refuge, on marche encordé avec le jour qui se lève petit à petit sur les sommets et sur les glaciers, on voit des crevasses… Bref, c’est une expérience unique qui marque, comme ce jeune homme qui en reparlait avec des étoiles dans les yeux 20 ans plus tard.
L’été, le bureau des guides propose également de la via ferrata, du canyoning, de l’escalade, de l’alpinisme et des randonnées thématiques. Nous accompagnons aussi bien des personnes sportives qui veulent découvrir ou progresser dans un sport de montagne, que des familles et des contemplatifs qui souhaitent découvrir la nature et la montagne.